Potagers et poulaillers à San Jacinto

Rencontre avec des bénéficiaires de potagers et de poulaillers

sanjacinto0329San Jacinto est une commune qui se situe dans la région de l’Oriente, c’est-à-dire à l’Est de la capitale, dans le département de Chiquimula. Il nous fallut cinq heures de route pour nous rendre dans cette communauté qui vit sur les hauteurs de San Jacinto. Là,Terres Nouvelles soutient, par l’intermédiaire d’Ismugua, un projet agricole avec un volet formation. Les femmes du village ont ainsi pu apprendre à cultiver un potager, afin de diversifier l’alimentation de toute la famille. Elles se sont réunies en un collectif : le bureau municipal des femmes, afin de faire entendre leur voix auprès de la Municipalité : elles se réunissent une fois par mois. Toutes sont volontaires pour donner les informations de la communauté.

Sur place, nous avons découvert des parcelles plus ou moins grandes avec une terre aride où maison et culture cohabitent mais le terrain de chacun est bien délimité.  De plus, les plantes sont tout à fait différentes de celles que nous trouvons dans nos jardins !  Par exemple, nous avons vu des platanos, d’énormes bananes sucrées à cuire, ou une plante médicinale qui se prononce « macouille ». Cette plante a des vertus médicinales surtout pour les anémies.

sanjacinto0203Au début du projet, 20 femmes se sont mises à cultiver un potager et aujourd’hui, elles sont 80 grâce au « bouche à oreilles ». En 2014, 18 familles supplémentaires ont bénéficié de ce programme qui permet de lutter efficacement contre la malnutrition, malheureusement très fréquente au Guatemala. En effet, lors d’un contrôle au centre de santé, 80 enfants de moins de deux ans ont été signalés comme malnutris l’année dernière. La principale source d’alimentation est le maïs. Cette pauvre diversification alimentaire diminue l’immunité et expose les enfants, mais aussi les adultes, aux maladies. Ismugua, à la demande des habitants, a ainsi mis en place des formations pour permettre aux femmes une plus grande diversification des cultures : on cultive maintenant des poivrons, des aubergines et bien d’autres légumes à San Jacinto. Les ateliers ont également permis d’apprendre à faire son propre compost à l’aide de vers de terre.

Le compost

Le compost

De plus, le compost produit un insecticide permettant d’éviter l’usage de produits chimiques. Cette sensibilisation à l’environnement se fait en coordination avec le ministère de l’Agriculture. Les femmes que nous avons rencontrées nous ont confié qu’il s’agit d’une bonne expérience pour elles. Quant aux hommes, ils travaillent pour la majorité dans les champs, à flanc de montagne, le relief leur complique beaucoup la tâche.  Là encore, tout le monde n’a pas accès au réseau d’eau, il faut souvent marcher trente minutes pour trouver un point d’eau.

En plus des potagers, le projet agricole a permis la mise en place de poulaillers, ainsi que d’une formation dont l’objectif est d’apprendre à mieux les gérer, notamment en ce qui concerne les maladies qui peuvent affecter les volailles. Avant de quitter la réunion de présentation, nous avons partagé un rafraichissement. Un délice citronné aux plantes médicinales. Mais aussi beaucoup de sucre, beaucoup… En effet ici, les plats sont très salés et les boissons très sucrées.sanjacinto0462

Une fois cette réunion terminée, chacune des participantes  s’est empressée de nous montrer son potager,  son compost et ses poussins… Une fierté pour toutes. Ces projets sont « une belle réussite » nous a confirmé Elvira : le nombre de bénéficiaires a bondi et, de surcroît, des femmes des villages alentour y prennent désormais part. Les graines des légumes cultivés sont même devenues des cadeaux. Autant de graines d’espérance. ∎

Katharina Benard & Emmanuel Crognier

 

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