Témoignage de Teresa, une autre bénéficiaire de « Semillas de saber »

Témoignage de  Teresa  Asig  Tzuncal, une autre bénéficiaire du programme « Semillas de saber »

Teresa Asig Becada 2011_20110514_006

 

Je m’appelle Teresa Asig Tzuncal, j’ai 16 ans et je vis dans le village de Cotoxa, dans le sud du Petén. Je parle Q’eqchi’, la langue de mon papa, la langue de ma mère et de ma grand-mère, l’espagnol et un peu le Mopàn. Sur la photo, vous pouvez me voir avec ma grand-mère égrenant le maïs. Nous sommes au total cinq frères et cinq sœurs, je suis la troisième. Mes parents veulent que nous ayons toutes et tous une bonne éducation, mais cela n’est pas si facile avec autant d’enfants.

Cette année, j’ai commencé mes études pour être maîtresse de pré-primaire bilingue Q’eqchi’ et espagnol dans l’Institut Privé de San Luis, à environ 15 km de chez moi ; chaque jour, je dois prendre le bus. Cette formation n’existe malheureusement dans aucun institut public ici dans la zone. Je veux étudier pour cette profession parce que ça me ravit de travailler avec des enfants et c’est très important que les filles et les garçons de familles indigènes aient la classe dans leur langue maternelle et pas seulement en espagnol, quand ils commencent l’école.

Pour mes études, je reçois une bourse qui paie mes droits mensuels – sans cela je ne pourrais pas étudier. Les frais de transport, les droits mensuels et les fournitures scolaires sont chers pour nous, et mes parents n’ont pas beaucoup d’argent. Mon papa est paysan et travaille un lopin de terre qu’il a reçu de son grand-père avec son frère. Les productions sont le maïs et le haricot noir. Nous vivons essentiellement grâce à cela. Mes grands frères pas encore mariés l’aident.

Nous, les femmes, nous ne travaillons pas aux champs, mais à la maison. Nous faisons la cuisine, nous nous occupons des enfants, nous lavons le linge à la main et nous faisons beaucoup d’autres choses. Fréquemment aussi, nous nous occupons d’un petit jardin qui exige de l’attention – c’est beaucoup de travail. En plus, ma maman tisse des serviettes de table pour les vendre.  Avec çà, plus ou moins, nous vivons.

Un de mes grands frères est parti vivre aux Etats-Unis, parce que là-bas on peut trouver un bon travail et gagner davantage d’argent. ça nous aide aussi. Toutefois le chemin pour arriver là-bas est long et périlleux, et beaucoup de migrants d’Amérique Latine ont été emprisonnés et renvoyés dans leurs pays d’origine. Nous espérons que cela ne va pas arriver à mon frère.

A côté de mes études pour devenir maîtresse, je suis animatrice d’un groupe de jeunes de notre paroisse. Nous nous rencontrons chaque semaine pour faire des jeux, discuter sur différents thèmes et essayer de donner une perspective d’avenir aux jeunes. C’est important car dans notre pays il y a beaucoup de pauvreté, d’injustice et de violence et cela rend la vie difficile.

C’est pour cela aussi qu’il est tellement important d’étudier et de recevoir une bonne éducation, parce que nous pouvons alors mieux comprendre notre situation et essayer de changer les choses. »

Teresa Asig Tzuncal

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